Au courant de l’automne 2028, la Revue musicale OICRM publiera un numéro spécial dirigé par Eric Maestri (Sorbonne-Université-INSPE) et Pierre Couprie (Université Évry Paris-Saclay) consacré à la musique mixte.
Pourquoi un numéro de revue sur la musique mixte en 2028 ? On pourrait penser que ce sujet soit épuisé et qu’il reste peu à dire sur une musique pratiquée essentiellement en Europe. Or, dans ce numéro nous souhaitons argumenter en faveur d’un élargissement du débat concernant les musiques mixtes en questionnant leurs pratiques grâce à un regard transversal, capable d’interroger l’évolution contemporaine du langage musical d’une manière originale.
En 1982, pour Michel Chion la musique mixte est « une musique pour bande magnétique et instruments, voix, etc., joués en direct » (Chion 1982) ; en 2005, Vincent Tiffon la définit comme « une musique de concert qui associe des instruments de musique d’origine acoustique et des sons d’origine électronique, ces derniers produits en temps réel ou fixés sur support électronique et projetés via des haut-parleurs au moment du concert. » (Tiffon 2005) Ces définitions s’intéressent principalement aux dispositifs et témoignent de l’avancement technologique du dernier demi-siècle. Cependant, elles ne concernent pas l’esthétique des musiques mixtes.
L’appellation musique mixte arrive tardivement. Née dans les années 1930, elle connaît son premier essor dans les années 1950. Les musiciens de l’avant-garde recherchaient une musique électroacoustique en direct, « live » (Ungeheuer 2013), une « musique qui associe l’exécution vivante et l’exécution enregistrée », écrivait Luciano Berio dans la note de programme de Différences (1958). Depuis 1990, la musique mixte est enseignée dans les conservatoires et les universités. Il s’agit d’un genre musical à la fois marginal et très en vogue (Lippe 2014) : la plupart des musiques d’aujourd’hui respectent la définition de Tiffon. La musique mixte traverse les genres ; ses caractéristiques techniques et sonores concernent des pratiques musicales et de contextes divers (Tremblay 2012b). Les recherches dédiées aux musiques mixtes interrogent leurs dispositifs (Bonardi 2017), leurs configurations sonores (Bachratà 2011), la réception (Emmerson et Landy 2016), la collaboration dans la conception des œuvres et des dispositifs (Zattra 2018), leur mise en place (Akkermann 2016), les pratiques d’interprétation et les points de vue des instrumentistes (Féron et Boutard 2017).
Dans ce numéro nous cherchons des contributions qui puissent mettre en lumière d’une manière critique et nouvelle la complexité des pratiques de mixité dans la création contemporaine. Nous proposons de concevoir la musique mixte comme « transitionnelle », un hybride historique au contact des musiques instrumentales et électroniques (Maestri 2023). En assumant une perspective « systémique » (Tremblay 2012a), nous espérons pouvoir rendre compte de l’interaction d’approches aussi bien musicologiques que praticiennes, pédagogiques ou fondées sur la recherche-création. Dans la situation historique actuelle, caractérisée par une « forêt de la mixité » (Vande Gorne 1996), nous voulons interroger les multiples formes des pratiques musicales mixtes, hybrides et multimédia d’aujourd’hui : ce numéro a l’ambition de saisir la complexité de la « pensée mixte » contemporaine (Dall’Ara-Majek 2016). À titre indicatif, nous appelons à des contributions autour des thématiques suivantes :
- Histoires et esthétiques des musiques mixtes ;
- Recherche-création ;
- Expériences de collaboration ;
- Les langages des musiques mixtes ;
- L’interprétation des œuvres mixtes ;
- L’enseignement et l’analyse des musiques mixte ;
- Les musiques populaires en tant que musiques mixtes ;
- Notions élargies et critiques de mixité ;
Les contributions de jeunes chercheur·euses sont particulièrement encouragées.
La revue accueillera des propositions (en français ou en anglais) pour les différentes sections décrites ci-après.
Les propositions d’articles, de notes de terrain et de communications, d’un maximum de 500 mots, doivent être envoyées à l’adresse suivante : revuemusicale@oicrm.org.
Calendrier
- Propositions d’articles, de notes de terrain et de communications : 1er novembre 2026.
- Les propositions de comptes rendus sont acceptées en continu, mais doivent être soumises au plus tard le 1er juillet 2028 afin de pouvoir paraître dans le numéro visé par le présent appel.
L’appel à contributions en version intégrale et des informations supplémentaires sont disponibles ici.







